L’horreur survenue au 21, rue Saint-Michel, le 17 octobre 2025, a de nouveau été abordée ce mardi aux assises. Après le rapport précis de chaque expert, c’est l’accusé qui a donné sa version des faits. Présent hier et bouleversé, le père de Loana n’aura, quant à lui, pas trouvé la force de revenir.
Tout a basculé
Encore une fois insupportable, presque intenable, l’audience a livré l’effroyable réalité d’un meurtre et d’un viol probablement commis à plusieurs reprises. Et c’était donc au tour de l’accusé de se présenter au micro. Jean-Baptiste Mentz a répondu à chaque question de la présidente de la cour, avec ses limites, mais des souvenirs finalement précis. Rembobinons : Loana a aperçu l’accusé dans la rue en rentrant de l’école et elle lui a demandé, comme elle le faisait chaque semaine, d’aller boire un verre et manger un gâteau. La collégienne a grimpé les marches du logement, pris son goûter. Et tout a basculé à cause d’un mot, selon l’accusé : « manouche ».
« Elle était assise sur le lit, elle m’a dit que des manouches la tapaient dehors. Elle n’aurait pas dû, c’est malpoli. On est des gitans ou des voyageurs », a lancé l’homme de 60 ans.
Strangulation puis pénétration, main sur la bouche pour que la petite fille cesse de crier, la situation va dégénérer. « Je croyais que les enfants, c’était sacré chez les voyageurs, lui a rétorqué l’avocat des parties civiles. On ne touche pas aux enfants dans votre communauté. »
Trois heures pour reconstituer le crâne
La réalité a pourtant été toute autre. Loana pleurait après la première agression et a tenté de fuir. Jean-Baptiste Mentz renseigne lui asséner alors un coup avec la quille présente dans le logement, et l’enfant est tombé dans l’escalier.
Le début d’un second passage à l’acte, avec de nouvelles violences physiques. « J’ai frappé une fois en haut des escaliers et deux fois en bas avec la quille », indique Baptiste Mentz.
« Avec des fractures profondes par éclatement et enfoncement, il a fallu trois heures pour reconstituer le crâne », avait précisé plus tôt le médecin légiste à la barre.
Un nettoyage en règle
Un massage cardiaque aurait ensuite été pratiqué au rez-de-chaussée. « Son sang sortait par la bouche alors j’ai mis un scotch », a poursuivi le Sedanais, qui la ligotera également.
« Vous l’avez achevée, tout simplement », a froidement rétorqué Maître Yahiaoui.
Viendra ensuite le passage dans la cuisine du bar désaffecté, avec un nouveau viol et des violences sur la jeune victime sonnée. « Le sang a dû gicler si vous dites qu’il y en a au plafond », a répondu Baptiste Mentz à la question de la présidente de la cour. Il aura tenté de tout nettoyer.
L’immense dignité d’une famille écrasée par la douleur
« Je ne sais pas ce qui m’a pris, c’est moi qui aurais dû crever », a lâché l’accusé depuis le box. Baptiste Mentz finira par s’excuser auprès de la famille. « J’y pense tous les jours, j’ai de la peine », a-t-il soupiré.
La famille de Loana, prostrée sur le banc de la cour, écrasée par la douleur, a eu l’immense mérite de rester digne tant on peut deviner la souffrance vécue par la petite fille.
Loana mesurait 1,40 mètre et pesait 26 kilos. Elle s’est débattue. Elle a tenté de fuir. Elle a supplié.
Elle a finalement trouvé la mort après un déchaînement de violences inouï, dans une affaire où l’accusé affirme que tout aurait basculé à cause d’un seul mot prononcé dans d’une enfant, « manouche ».