Les deux amis se sont lancé un sacré défi : rejoindre Istanbul en marchant et en faisant du stop. Partis mercredi dernier, les deux trentenaires ont donné de leurs nouvelles ce mercredi. Le duo se trouve en Slovénie et compte rallier Zagreb dans la soirée.

Istanbul, 2 500 kilomètres, huit pays à traverser : voilà le menu des deux baroudeurs ardennais pour ce périple en baskets. Kemis raconte cette soudaine envie de vadrouiller avec les moyens du bord. « J’étais chez moi, j’ai vu un magnet Istanbul sur le frigo. Comme j’ai déjà grimpé le Kilimandjaro, ça m’a fait tilt pour une nouvelle aventure », sourit le trentenaire.

Et il ne le fera pas seul, son copain Jamal décide de se joindre à l’aventure pour rallier la capitale turque en alternant stop et marche.

Des invitations pour manger ou visiter

Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout se passe bien à l’aube de cette première semaine. Les deux amis traversaient la Slovénie quand nous avons pu les contacter. À les entendre, le voyage sac à dos sur le dos se passerait presque trop facilement.

« On est partis de l’Hôtel de Ville, on a déjà été pris en stop à Décathlon, indique Jamal. Ça s’est enchaîné depuis, on ne marche finalement que 20 à 30 kilomètres par jour. »

Et les rencontres sont aussi riches que nombreuses. « On rencontre des gens sympas, joyeux et singuliers, certains veulent même nous inviter à manger, c’est aussi ça ce voyage ne pas oublier la beauté de l’humanité », sourit Kemis.

Une frontière slovène pas si facile à franchir

Un seul contretemps quand Kemis a oublié sa sacoche dans le tram à Mannheim en Allemagne. Mais là aussi ça a bien tourné, il a pu récupérer ses papiers et ses 500€ en liquide aux objets trouvés des transports en commun. À leur arrivée en Slovénie, une jeune automobiliste leur a proposé de visiter la magnifique Ljubljana avant de les redéposer sur leur chemin. Ce qu’ils ont fait.

Mais le passage de la frontière leur avait donné quelques sueurs froides. « On a visité la capitale mais on a quand même galéré pour traverser la frontière slovène. Les douaniers n’étaient pas décidés à laisser entrer deux mecs à pied avec leurs sacs à dos. On s’est glissés dans une voiture en Autriche. Le conducteur était un Kosovar et c’est un copain arménien de Charleville qui lui a traduit notre situation. Il nous a fait passer », racontent les deux trentenaires.

Basic-Fit pour se laver

Quant au quotidien, les Carolos ont le sens de la débrouille. Pour dormir, ils plantent leur tente sur le premier carré d’herbe trouvé lorsque la nuit tombe. Pour manger, ils trouvent toujours une solution. Et pour se laver aussi.

Les deux compères repèrent les Basic-Fit sur leur passage et vont y prendre leur douche. « On est abonnés à la salle de Charleville et ça donne accès partout en Europe », confie Kemis.

Le trajet des prochains jours doit les conduire à travers la Croatie puis la Serbie et la Bulgarie avant d’atteindre la Turquie et Istanbul.

Un sacré périple qui ne fait que commencer, on attend d’avoir des nouvelles.