Le tribunal correctionnel a rendu son verdict dans une affaire de vols en série et tentatives de vols aggravés, commises entre mai et juillet 2024 dans les Ardennes. Riad K. et Yacine O., âgés de 18 et 20 ans au moment des faits, ont été reconnus coupables de 32 infractions (vols, tentatives de vols, dégradations en réunion), causant un préjudice total estimé à près de 100 000 euros.

Un mode opératoire bien rodé

Les victimes, des artisans, entreprises et particuliers, avaient vu leurs véhicules fracturés, leurs outils dérobés, et leurs vies professionnelles bouleversées. Un mode opératoire rodé et des traces accablantes. Les deux accusés agissaient en équipe et ciblaient systématiquement des véhicules utilitaires (fourgons, camionnettes) garés la nuit, souvent dans des zones industrielles ou résidentielles. Leur technique : forcer les serrures, briser les vitres ou percer les portes pour s’emparer d’outils électroportatifs, de matériel de chantier ou d’objets de valeur. Les enquêteurs ont retracé leurs déplacements grâce à des vidéosurveillances, des bornages téléphoniques et des plaques d’immatriculation, révélant l’utilisation de plusieurs véhicules (Volkswagen blanche, Mercedes noire, Opel Corsa, etc.) loués ou empruntés.
Les images ont joué un rôle clé : les deux hommes se sont reconnus sur les enregistrements d’un box situé en région parisienne, utilisé comme base arrière. Malgré leurs déclarations floues en audience (« Je ne me souviens pas exactement »), les preuves étaient accablantes.

Des vies bouleversées et des artisans en difficulté

Les conséquences pour les victimes sont lourdes. Des dizaines d’artisans (plombiers, électriciens, menuisiers) se sont retrouvés sans outil de travail du jour au lendemain avec des préjudices allant jusqu’à 10 000 euros.

Des peines symboliques mais une leçon de responsabilité

Le procureur avait requis 18 mois de prison avec sursis probatoire pour Riad K. et 12 mois ferme pour Yacine O., assortis d’une interdiction de paraître dans les Ardennes pendant 3 ans. Le tribunal a finalement opté pour une solution alternative : 280 heures de Travaux d’Intérêt Général (TIG) pour Riad et 315 heures pour Yacine. Les deux jeunes devront également indemniser les parties civiles à hauteur de leurs demandes.

« Une crise d’adolescence » aux conséquences désastreuses

Un réseau et des regrets

« J’avais à peine 18 ans, je cherchais à me débrouiller. Une personne plus âgée nous a proposés de faire ça contre de l’argent. Aujourd’hui, je réalise la gravité de mes actes », a justifié l’un des prévenus. Un aveu tardif mais qui souligne surtout l’influence d’un réseau organisé, où des aînés manipulaient de jeunes recrues pour commettre ces méfaits.
Cette affaire rappelle aussi la vulnérabilité des professionnels face à la délinquance itinérante. Les vols de matériel électroportatif chez les artisans se succèdent ces derniers mois.